Il y a vingt-cinq ans, le Seigneur faisait germer au Burkina Faso une œuvre dont nous ne mesurions probablement pas toute la fécondité. Des sessions, des retraites, des temps de formation et de prière ont commencé à être proposés. Et, depuis vingt-cinq ans, des hommes et des femmes, des couples, des familles et surtout des jeunes sont venus chercher auprès du Seigneur une lumière, une orientation, une guérison, une vocation, une espérance.
Aujourd’hui, notre cœur est rempli d’une profonde action de grâce. Nous pouvons reprendre les paroles du psalmiste : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? » (Psaume 116, 12). Oui, Seigneur, comment te rendre grâce pour tout ce que tu as accompli dans nos vies : tant de vies restaurées, relevées, tant d’histoires réconciliées. Vingt-cinq années, ce sont des milliers de visages, des centaines de parcours, des histoires parfois connues, souvent cachées, mais dont Dieu seul connaît la véritable profondeur.
Être jeune et suivre le Christ, c’est possible !
Messages de la Responsable
de la Communauté du Chemin Neuf, Burkina Faso
NOUS RENDONS GRÂCE POUR LES FRUITS
VISIBLES ET INVISIBLES
En regardant notre histoire, nous voyons les fruits de cette mission. Nous voyons notamment des personnes qui ont découvert leur vocation et qui ont consacré leur vie au Seigneur.
Parmi elles, notre soeur Viviane Tapsoba (France) , le Père Albert Zongo (Ouganda), le Père Jean Doulkom (Martinique), le père Benjamin Kaboré ici présent (Congo) et moi-même, avons, à un moment de notre parcours, été profondément marqués par le cheminement dans la Mission Jeunes. Ce qui était peut-être au départ une simple rencontre, une retraite, une session, un temps de prière ou une invitation à servir est devenu, pour certains d’entre nous, le lieu où Dieu a fait entendre son appel. Et nous pouvons témoigner d’une chose : Dieu continue d’appeler ! Dieu continue de transformer nos vies ! Dieu confie encore des missions aux jeunes!
Mais les fruits de cette mission ne se limitent pas aux vocations consacrées. De nombreux couples sont nés de ce cheminement. Des jeunes qui se sont rencontrés dans la Mission Jeunes ont grandi ensemble, ont discerné leur vocation au mariage et ont fondé des familles. Et combien d’autres jeunes, aujourd’hui dans la vie professionnelle, dans l’administration, dans les entreprises, dans les écoles, dans les universités, dans les familles et dans la société, portent encore quelque chose de ce qu’ils ont reçu dans la Mission Jeunes! Ils ont appris à prier, à servir. Ils ont appris à vivre en frères et sœurs. Ils ont appris à prendre des responsabilités. Ils ont appris que la foi chrétienne n’est pas seulement une affaire du dimanche, mais qu’elle doit transformer notre manière de vivre, de travailler, d’aimer et de servir la société. C’est cela aussi, la fécondité d’une œuvre.
Comme nous le rappelle Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15, 16)
NOUS RENDONS GRÂCE POUR TOUS CEUX
QUI ONT SEME
En ce jour anniversaire, nous ne pouvons pas célébrer les fruits sans nous souvenir de ceux qui ont semé. Nous avons une pensée toute spéciale à l’endroit des prêtres de l’an 2000, Certains d’entre eux sont à l’origine de l’arrivée de la mission jeune au Burkina. Chers pères ici ou ailleurs, recevez notre reconnaissance.
Également une pensée à ceux qui se sont succédé dans la responsabilité de la mission jeune. Certains de ceux qui ont contribué à faire naître et grandir cette oeuvre ne sont peut-être plus parmi nous. D’autres ont poursuivi leur chemin ailleurs. D’autres encore travaillent dans l’ombre, sans bruit et sans rechercher les honneurs. À chacun d’eux, nous voulons dire aujourd’hui : Merci !
Merci pour les prières, pour les sacrifices. Merci pour votre vie donnée pour l’accompagnement des jeunes. Merci d’avoir cru qu’un jeune pouvait changer, qu’une famille pouvait être restaurée, qu’une vocation pouvait naître, qu’une vie pouvait retrouver son sens. Saint Paul nous it dans sa lettre aux Corinthiens « Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donnait la croissance. » À Lui seul revient la gloire !
VOUS CHERS JEUNES : N’AYEZ PAS PEUR
DE VOUS LAISSER FORMER
Mais, chers frères et soeurs, cette célébration ne doit pas être seulement un regard tourné vers le passé. Un anniversaire est aussi un appel à regarder vers l’avenir. Et cet avenir, ce sont nos jeunes.
C’est pourquoi je voudrais maintenant m’adresser particulièrement à vous, chers jeunes. Vous êtes intelligents, créatifs, généreux, capables de grandes choses. Vous êtes appelés à devenir les responsables de demain : dans vos familles, dans l’Église, dans vos professions, dans la société.
Mais nous vivons dans un monde qui propose chaque jour des milliers de modèles : Les réseaux sociaux vous disent qui vous devriez être. La publicité
vous dit ce que vous devez posséder. La société vous dit ce que signifie réussir.
Saint Paul nous dit : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre manière de penser, pour discerner quelle est la volonté de Dieu. » (Romains 12, 2).
Chers jeunes, ne laissez pas les autres choisir votre avenir à votre place. Prenez donc le temps de vous arrêter, de prier, d’écouter, de vous former. Prenez le temps de discerner. Car une décision prise sans discernement peut engager toute une vie.
Comme le dit si bien un proverbe de chez nous : « Celui qui veut aller vite marche seul ; celui qui veut aller loin marche avec les autres. »
Ne marchez donc pas seuls !
Venez cheminer avec d’autres jeunes.
Laissez-vous accompagner.
Laissez-vous former.
Laissez Dieu vous parler.

En m’adressant aux jeunes, Je voudrais également m’adresser aux
parents.
Chers parents, vous voulez donner le meilleur à vos enfants. Vous vous battez pour leur offrir une bonne école, pour leur assurer un avenir professionnel.Vous vous préoccupez de leur réussite. Mais n’oublions jamais que l’enfant n’a pas seulement besoin d’une bonne tête ;
Il a aussi besoin d’un bon coeur. Il a besoin de valeurs, de repères. Il a besoin d’une foi vivante, de personnes qui l’aident à discerner. Il a besoin d’une communauté.
Alors, chers parents, n’ayez pas peur d’encourager vos enfants à entrer dans un cheminement chrétien et continuez à prier pour eux.
DES JEUNES FORMES POUR LA SOCIETE
Chers amis,
– Notre pays a besoin de jeunes compétents. Mais il a aussi besoin de jeunes intègres
– De jeunes capables de servir sans rechercher uniquement leur intérêt personnel.
– De jeunes capables de travailler en équipe.
– De jeunes capables de pardonner.
– De jeunes qui mettent leurs compétences au service de leur pays.
C’est pourquoi la formation humaine et spirituelle des jeunes est un enjeu majeur. Nous ne pouvons pas nous contenter de préparer des jeunes capables de gagner des concours et d’obtenir des diplômes. Nous devons préparer des hommes et des femmes capables de construire une société plus juste, plus fraternelle et plus humaine. La Mission Jeunes veut contribuer à cette oeuvre : Oui ! La Mission Jeunes n’est pas simplement un mouvement où l’on vient passer du bon temps. Ce n’est pas seulement un lieu de rencontres. Ce n’est pas seulement des chants, des danses, des sorties ou des activités.
La Mission Jeunes est un cheminement : Un chemin pour apprendre à mieux se connaître, pour grandir humainement. Un chemin pour approfondir sa foi, découvrir ses talents, apprendre à servir, Un chemin pour discerner sa vocation.
Un chemin pour devenir un adulte chrétien capable de prendre sa place dans l’Église et dans la société.
Alors, en ce 25 anniversaire, je voudrais lancer un appel.
À vous, jeunes qui êtes ici aujourd’hui et vous qui allez lire ce message : venez !
Venez découvrir la Mission Jeunes.
Venez essayer.
Venez poser vos questions.
Venez cheminer.
Venez avec vos doutes.
Venez avec vos blessures.
Venez avec vos rêves.
Venez avec vos talents.
Venez avec vos projets.
Et surtout, venez avec votre coeur ouvert à Dieu. Peut-être que Dieu est en train de vous appeler, mais que vous n’avez pas encore appris à reconnaître sa voix. Samuel était jeune lorsqu’il entendit la voix de Dieu. Il ne comprenait pas encore. Mais Élie lui dit :
« Si on t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » (1 Samuel 3, 9)
Chers jeunes, aujourd’hui, Dieu vous dit peut-être : « Viens et vois. » N’ayez pas peur !
Que le Seigneur nous donne la grâce de continuer à semer avec foi, à servir avec joie et à transmettre avec amour.
Soeur Yolande TAPSOBA,
Responsable de la Communauté du Chemin Neuf,
Burkina Faso
